Je trippe sur les zombies. Solide. La preuve.
Imagine ma réaction quand j’ai entendu l’histoire de la création de la comédie musicale de Evil Dead qui a joué à Broadway (New York)?
Non seulement j’étais énervée qu’on parle de zombies mais encore plus excitée qu’on parle des débuts.
De comment on peut passer de l’idée folle de mettre des zombies qui chantent sur un stage avec du sang qui gicle partout à une production qui roule encore 19 ans plus tard?
C’est quoi donc Evil Dead?
Dans les années 80-90, est apparu une série de films de zombies assez graphiques merci, presque comiques.
Le héros Ash doit se battre contre des hordes de zombies dans un chalet au fin fond des bois. Même sa main devient possédée (sacrilège!) faque il se la coupe et se visse une chain saw sur le bras pour se défendre.
Tu vois le genre?
Des zombies qui chantent sur scène? C’est quoi l’idée?
En 2002, dans un appart d’étudiants, 4 finissants, pas d’argent et pas de job, déblatèrent en buvant une tite frette. Ils s’énervent à lancer des idées folles pour trouver une solution au fait que personne ne veut les engager. Des jeunes qui sortent de l’école et qui n’ont pas d’expériences professionnelles? Ben voyons.
“Pourquoi pas lancer notre propre culte? Une expérience théâtrale unique, drôle, folle, jamais. vue.”
Quelques idées folles plus tard, c’est décidé. Ils vont produire une adaptation des films de série B Evil Dead en comédie musicale! Euh what?
Première réaction de l’acteur principal Bruce Campbell (Ash)? « C’est la pire idée au monde. Mais je vais vous aider à obtenir les droits quand même. »
Ils avaient eu le culot de trouver son courriel sur les zinternet (avant l’ère de IG et FB on s’entends!) et de tenter l’impossible en lui demandant les droits d’adaptation.
Bulle au cerveau:
Mettons que personne avait eu le guts de nommer son idée cinglée ce fameux soir de 2002.
Mettons que la gang d’amis s’était tout de suite dit “Ça marchera jamais”?
Il serait arrivé quoi? Rien panoute.
Nada.
Ose donc la dire ton idée de fous, yink pour le fun!
Et là, panne d’électricité…
Ça fait qu’un gros 5000$ d’investit, un bar boboche à Toronto, les droits pour 3 représentations, la gang de chum est prête pour la première le 14 août 2003.
À 4pm, soir de première, l’électricité lâche.
C’est le fameux « North Eastern Blackout » de 2003 qui va durer jusqu’au lendemain matin.
Sérieux?
Ouin.
On est crinqués ou on l’est pas. Tant pis.
En catastrophe, on sort tous les décors dans le stationnement, camions jeep pour l’éclairage, fusils à l’eau pour les effets de sang qui revole partout.
Le soir venu, comme il n’y avait rien à faire en ville avec pu de courant, les gens erraient dans les rues. Les cris, la musique et la lumière qui animaient la scène improvisée ont attiré pas mal plus de monde que les 100 personnes prévues dans la salle.
Tout était sold out pour les prochaines semaines.
Bulle au cerveau:
Au lieu de se dire, « ahhh pu d’électricité, on annule », ils ont osé.
Ils ont créé une expérience immersive malade.
La panne d’électricité leur a servi de promo au lieu de boulet.
Les contraintes existent pour que notre créativité s’excite.
Utilise-la pour sortir de la boîte, c’est gratis!
On se calme un peu?
Comme leur but était de créer une expérience unique, drôle, gory, folle, jamais vue, c’était ben important pour les créateurs (producteurs) que la scène soit innondée de sang à la fin du show.
Sauf que ce faisant, ça revolait un ti peu plus loin que voulu, genre direct sur le gens des premières rangées.
Il y en avait de pas trop contents après le show.
Ils ont essayé de « toner down » la quantité de sang sur les spectateurs sans dénaturer le show non plus.
Échecs.
Un après l’autre.
« De la bouette, on arrête de perdre notre temps là dessus, on diminue les prix des billets de la « splatter zone » avec risques de jutage de sang. »
Devine ce qui est arrivé? Ben oui.
Le monde se garochait pour mettre la main sur ces billets-là. Même que certains se plaignaient de pas avoir reçu assez de sang à leur goût. Penses-tu qu’ils en ont pas profité pour finalement augmenter le prix de ces billets-là? Un fou d’une poche!
Pas pire expérience immersive ça?
Bulle au cerveau:
Leur vision était plus importante que les clients qui chialaient.
‘Magine, ils n’ont pas écouté leurs clients.
Le client n’a pas toujours raison! What??
Yo c’est ce qu’on apprend partout dans les écoles de business.
Sauf que la joke c’est que si t’as pas le bon client en avant de toi, assis dans tes premières rangées, c’est sûr qu’il trippera pas de recevoir un sceau de sang sur ses beaux vêtements à la mode.
Ouin pis?
Quand tu as le guts de dire tes idées folles pis d’essayer, ça donne ça.
Quand tu vois les contraintes comme des opportunités, ça donne ça.
Quand tu es conséquent avec ta vision de la patente, ça donne ça.
Un show à succès qui se produit l’année suivante (2004) à Juste pour rire à Montéal, en 2006 sur Off-Broadway à New York. Heille imagine, il y a eu à ce jour 500 productions à travers le monde! 19 ans plus tard, le spectacle se produit encore.
Comme quoi, pas besoin d’avoir des millions de dollars pour innover, pour créer, pour faire quelque chose d’épique et pour ré-inventer l’expérience.
C’est fascinant. Les exemples d’innovations, de créativité et d’audace en affaires, c’est pas juste dans les Hacktahon ou dans les départements d’innovations à la Nasa que ça se passe.
Yen a partout. Ouvre tes yeux. Pose des questions. Pose-en juste une à ton ti-commerce de quartier qui a du succès:
Comment tout ça a commencé?
Je mets ma main au feu que la réponse sera: “C’est partit d’une idée folle, avec des amis, pis on a eu le guts de se lancer et d’essayer.”
BONUS: Est-ce une coïncidence?
Est-ce que la popularité de la pièce a inspiré la création d’un nouveau film en 2022 et d’un jeu vidéo?
Who knows…





